VOILES SANS FRONTIERES accompagne Fanch Guillon et Francis Tolan . Nous vous donnerons régulièrement de leurs nouvelles. Vous pouvez également les suivre sur le site longueroute2018.com


POURQUOI « LA LONGUE ROUTE 2018 »

Il y aura 50 ans cette année, Bernard MOITESSIER, connu et reconnu à l’époque comme navigateur et auteur à succès, prenait le départ de Plymouth en Angleterre, le 22 août 1968, pour le Golden Globe à bord de son voilier «Joshua ». Les règles de la course sont simples : faire le tour du monde en passant par le Cap de Bonne Espérance, le Cap Leeuwin et le Cap Horn, en solitaire, sans escale et sans assistance, chaque navigateur partant du port britannique de son choix, entre le 1er juin et le 31 octobre 1968.

Ce tour du monde, Bernard MOITESSIER s’y préparait depuis la sortie de son livre « Cap Horn à la voile » en 1966, avec pour objectif de vivre et transmettre ensuite par l’écriture une nouvelle aventure d’exception.

Coïncidence, l’anglais Bill KING prépare un projet identique, repris et organisé par le Sunday Times. A la clé, un prix de 5 000 livres sterling et un trophée récompensant le premier arrivé et le meilleur temps. Bernard MOITESSIER refuse tout d’abord d’y participer, son idée n’étant pas de se lancer dans une course, mais seulement de vivre une aventure personnelle hors du commun, jamais réalisée jusque là. Il finira par changer d’avis pour prendre le départ en compagnie de Loïck FOUGERON avec lequel il avait partagé son projet initial.

Bernard MOITESSIER va défrayer la chronique et mettre en émoi le monde de la voile et les organisateurs de la course lorsqu’il décide, alors qu’il est en tête devant les 8 autres participants et annoncé gagnant, d’abandonner la course et de continuer sa route vers l’océan Indien. Avec un lance pierre, il envoie sur le pont d’un pétrolier un message destiné au Sunday Times « je continue sans escale vers les îles du Pacifique parce que je suis heureux en mer et peut-être aussi pour sauver mon âme ». Dans son livre de bord, il écrit également « le bateau c’est la liberté, pas seulement le moyen d’atteindre un but » et « partir d’Europe pour revenir en Europe c’est comme partir de nulle part pour revenir nulle part ».

Après 10 mois de navigation il s’arrête en Polynésie. Il pulvérise alors le record de la plus longue traversée en solitaire, sans escale et sans assistance, en sillonnant les mers du globe, en ayant passé deux fois les Caps de Bonne Espérance et de Leeuwin et une fois le Cap-Horn, avec au compteur 37 455 milles (69 367 Km) équivalent à un tour du monde et demi.

De cette aventure naîtra « La Longue Route », récit édité chez Arthaud en 1971, dont il abandonnera les droits d’auteur au Pape « afin de l’aider à la reconstruction du monde » …

Cet anniversaire est donc celui de « La Longue Route » de Bernard MOITESSIER, décédé le 16 juin 1994 et inhumé le 21 juin dans la commune du Bono dont il aimait l’authenticité et la simplicité du petit port. Pour lui rendre hommage, Guy BERNARDIN, malheureusement disparu en mer en août dernier alors qu’il ramenait le voilier qu’il était allé chercher aux Etats Unis pour participer à cette aventure, a lancé le projet d’un voyage autour du monde pour faire revivre l’esprit de cette « Longue Route » où le climat de camaraderie et d’entraide prévaut entre les participants. Guy BERNARDIN aurait eu alors 74 ans, avec derrière lui 5 tours du monde et 6 passages du Cap Horn. Il sera associé à l’hommage qu’il voulait tant rendre à Bernard MOITESSIER. Trois passionnés ont repris ce projet, avec le soutien de la municipalité du Bono et la complicité de Véronique LEREBOURS, dernière compagne de Bernard MOITESSIER. Aujourd’hui, 26 bateaux sont inscrits pour un tour du monde par les trois caps, en hommage à l’homme et au navigateur qu’il fut. Ils partiront des Etats Unis, de Suède, d’Angleterre, d’Allemagne et de France. Certains d’entre eux prendront un départ symbolique du port du Bono pour entreprendre leur périple. Nombreux sont ceux, navigateurs ou non, qui vont venir prendre part à cet hommage rendu à l’homme, au navigateur et auteur à l’origine de nombreuses vocations, aux côtés de sa famille et de ses amis.

Ces deux journées vont marquer l’ouverture symbolique de la fenêtre de départ des participants. Contrairement à la Golden Globe Race, la « Longue Route 2018 » n’est pas une course, il n’y aura aucun prix à l’arrivée sinon, pour chacun des skippers, une formidable aventure humaine basée sur le dépassement de soi. Sur les 26 skippers inscrits, une quinzaine d’entre eux seront présents au Bono ce week-end.

« Joshua », devenu propriété de la ville de La Rochelle et géré par « L’association des Amis du Musée Maritime de La Rochelle », sera présent au Bono pour l’occasion.

Pour en savoir longue route 2018